Le travail de Martin Gendre est autobiographique. Il s’attache à révéler ce que le quotidien recèle de fragilité.
Les personnes qui vivent auprès de lui et les éléments de son quotidien sont les outils de sa démarche artistique. Ses vieux albums de famille et son propre travail photographique sont les supports essentiels de son travail. Ils lui permettent de reconstituer ces instants éphémères où la vie paraît ainsi figée comme sur nos vieilles photos oubliées, jaunies et un peu délavées par le temps.
Derrière la simplicité des sujets choisis – des anecdotes de son enfance, les souvenirs de son fils sur une plage – se cachent des phénomènes plus complexes. La famille symbolise à la fois le lieu de l’épanouissement et de l’aliénation, tour à tour refuge douillet ou prison, elle est le lieu même de la contradiction, là où se mêlent souvenirs heureux et pénibles, là où se construit la mémoire. Cette mémoire s’inscrit durablement dans ses toiles mais semble aussi insidieusement fuyante. Ainsi peut-on lire ces visages simplement dessinés, effacés ou gommés car l’identification y est conflictuelle.
Cette grande liberté picturale lui permet de saisir l’instantané, d’aller derrière le visage, vers la chair et ses mouvements. La matière y devient expressive, vibrante et dynamise l’espace pictural. Toutes les subtilités de sa peinture prennent un sens bien au-delà de leur apparence. Une part de la poésie de son travail réside dans ce que l’être humain a d’infixable et d’inaudible, dans ce qu’il n’est jamais à saisir mais toujours à chercher.
Pour compléter l’exposition, un film réalisé par Martine Dupas nous permettra de découvrir l’artiste à l’oeuvre. |