Ici commence une exploration de ce que c’est que dire en peinture. Autrefois Atlan composait en découpant : un geste d’autorité qui applique le cerne noir tranche, sépare, multiplie les formes simples dans la jouissance de la profusion.
Puis le cerne s’est fait grille, la prolifération des motifs emprisonnant tout élan dans le geste mécanique. Une lutte commence, entre recouvrement et exposition, procédé et lâcher prise.
Recouvrir : ce sont de grandes toiles muettes, glacis blancs, matières presque organiques perdant notre regard dans le vacillement des échelles , entre cartes lunaires et boîtes de Pétri ; et dévoiler – en des toiles poncées, amuïes, où la couleur n’est plus que résurgence, en des affiches lacérées où s’éprouve au contraire joyeusement la liberté de dire par procuration, par lapsus, sans s’exposer.
De ce dialogue entre le geste qui masque et celui qui dévoile, dialogue parfois tendu, sourd, douloureux, surgit une conquête, celle de la profondeur.
Profondeur des matières évocatrices des grès paysagers ; profondeurs des couleurs, du glacis blanc à l’opulence mordorée de compositions presque chtoniennes ; profondeur d’une surface devenue palimpseste dans les dernières toiles, lointaines héritières des affiches lacérées, et qui retrouvent, dans le jeu polyphonique des couches superposées une rythmique et une vibration d’une exubérance allègre. |