Danielle COHEN présente En Contraste et Résonance / Evelyne BOINOT, Agathe LARPENT, Marc ALBERT

Du 21 au 26 mars 2017

Une exposition collective

Marcel Albert / Marc Albert / Evelyne Boinot / Stéphane Herbelin / Agathe Larpent

En Contraste et Résonance

En contraste et résonance, Marc Albert, Evelyne Boinot et Agathe Larpent présentent les multiples aspects du travail de la terre. L’un s’attache à la forme humaine et au contenant, l’autre aux états du mouvement, aux mystères des émaux. Pour chacun, il est question de sculpter une forme, de faire l’empreinte du vivant, de laisser affleurer un modelé qui donne des vibrations à la matière. Au delà du toucher et du regard, nous sommes sollicités par d’autres interrogations : aller à la source de leur inspiration, passer de la technique à l’art. Qu’elle soit expression de la géologie, éclatements de la nature ou de l’humain, structures aux formes généreuses, denses ou éclatées, descriptives ou rêvées, parties d’un même matériau, elles se répondent l’une à l’autre et se diversifient. Chaque artiste raconte son parcours, son lieu de vie, ses ascendances.

Lorsque les émaux d’Agathe Larpent ne deviennent pas tapisseries et sols de lumière, tels ceux exposés à la piscine de Roubaix, ou l’aire de la Repotte sur l’Autoroute du soleil, c’est dans l’objet sculpture et les formes qui ont traversé l’histoire géologique et narrative qu’elle transmet son émotion : pavés qui racontent la croûte terrestre, « pierres de jour et de nuit, pierres de silence » ; stèles comme des indices, des passages, le signe d’une humanité, «  pierres qui demeurent » ; empreintes d’acanthes qui éternisent la nature et les saisons ; bols qui de l’orient à l’occident traduisent un rituel de la confidence et du partage. Parfois, l’objet devient livre, ajoute des lettres à la matière, signe l’informel et lui donne sens dans ce va et vient du jeu et de la forme, du hasard et du désir, avec les effets imprévus des oxydes au feu des cuissons. Au delà de l’objet, il y a la recherche, une technique qui n’épuise ni le toucher ni la vision. Les coulures des émaux s’insinuent dans les fissures de la terre, s’arrêtent en gouttes suspendues, la chargent en lumière, accentuent en apparence sa fragilité. Un goût d’éternité, dit-elle, le « tout brûler » de Palissy reproduit l’effet magique de la couleur et de la brillance. Au delà de la recherche, le geste de faire devient « cosa mentale ». En des moments fragiles et précieux où le hasard d’une exposition rapproche les artistes , seule l’évidence de leur rencontre tend à s’imposer. Cette pensée de Valéry décrit les rencontres esthétiques auxquelles nous vous convions, quand la générosité de l’artiste prend tous les masques.

Pavé nymphéa carré

Marcel Albert et Marc albert, père et fils, secret de famille, sujet sensible, relation où au-delà de la ressemblance et du modèle, l’artiste exprime son quant à soi et sa spécificité. En écho sur le thème du corps, en contraste sur les couleurs. Marcel vivait en Provence, sous le ciel Cézannien, passionné de couleurs, de force expressive, de paysages lumineux, de portraits et de vie populaire. Plus de feu que de nuances, la matière picturale prend corps. Marc, lui, prend son corps en otage dans la discipline de la danse. Le corps se mesure à l’effort, à la limite. Dans la céramique qu’il choisit, il travaille la matière jusqu’à son point de déséquilibre, l’aérien, le geste qui saisit une forme en plein vol. Le lien est établi, un fil, un souffle entre les corps, une lumière qui la traverse. Il la met en scène, en suspens et en suspension. Il l’étire tant qu’elle ne cède pas, il coule la porcelaine plus loin que la transparence, en fait une dentelle de formes. Il garde son medium et évolue vers la sculpture : empreinte d’un corps de femme en gestation, quand elle est elle-même et une autre, en métamorphose.

albert lumière carré

Evelyne Boinot, princesse canasson, dit-elle, avec un presque sourire et un brin de dérision, authentique et modeste princesse, aux rêves acrobatiques dont elle nomme ses œuvres. Au côté des paysages, des ruines, du végétal, des recherches architecturales, du bois, du papier et du plâtre, ses chevaux sont comme une pause. Mais voilà qu’ils se mettent à courir, sauter, se lover, décliner des matières et des couleurs, appeler l’histoire de l’art au tournant, rêver de voler sur des nuages. Alors les chevaux de Géricault , les courses de Degas, au milieu de ses « Décombres », le cheval fougueux de Mazeppa, l’hommage à Marini, rappellent son étonnante vitalité à parler de l’histoire, de l’art, des artistes, des poètes ; à embrasser le présent et à se rebeller, à être « fileuse de mémoire »( S.J.Perse) et en chantier de projet. Dans ce thème récurrent de l’art, cheval robuste du paléolithique, viril, élégant, nourrissant la veine romantique, elle tire l’occasion d’une recherche, cite les maîtres qu’elle ne se lasse d’admirer ; les représente en porcelaine, en grès, en bois ; décline, patine et émaille, recherche l’imprévisible des mouvements et des cuissons. Admiratrice de yoland Cazenove dont elle fit des portraits symboliques, elle tente sur porcelaine les cuissons au bois, qui donnent ces étincelles et taches sur la matière, comme empreintes d’un voyage sur une nouvelle planète. Elle garde la surprise des associations, de chevaux courant sur fond de paysages en origami, de planètes habitées, de cuissons au bois de porcelaine. De la matière porcelaine, elle fait ce qu’on ne fait pas, la modèle et triture telle une pâte à modeler.

cheval cubique Beaur.

Stéphane Herbelin présente ici son travail sur le thème des « NATURES ». Elle se trouve associée par des objets de terre, d’eau et de feu représentés sur la toile à la diversité de leurs expressions dans l’espace. Dans un parcours mêlé d’écriture, de mythologie, de culture, Stéphane aborde sculpture et peinture, avec une égale exigence de la ligne et de la couleur. Après les années passées dans les ateliers à copier les natures mortes de Cézanne, pour leurs formes et leurs volumes, elle transforme l’observation en mémoire de gestes et de formes. Elle jette des ponts, remonte le temps, fascinée par les anges et les démons de la peinture baroque et luministe. Elle ne recherche pas l’originalité mais la perfection, juste de quoi ne jamais arriver au bout d’une recherche. Elle dessine et sculpte des objets et des personnages posés entre l’eau et la terre, comme une interrogation sur les causes et les effets. Entre la forme ronde éclatée, caressée de poudre de couleur, satinée par le geste, et les os utilisés comme trace du vivant, c’est le début des temps qu’elle symbolise, le couple des origines. Adam et Eve, Pyrrha et Deucalion sont moment d’une rencontre et d’une interprétation. Elle les nomme, avec le plaisir de ces consonances qui leur donne vie, le nom et la chose. Tel un poème galant du 18ème siècle ou les dialogues platoniciens prêtant aux images plus que ce qu’elles représentent des choses dont elles sont l’image, Stéphane associe la forme et le sens, traduit ses images intérieures en matière picturale et sculpturale. De ces os jetés à la mer, du bateau de Noé qui vogue, l’humanité se reconstitue. Ses choix oscillent entre peinture d’un sujet et sujet de la peinture, tel un livre qu’on pourrait commencer par la fin. La nature morte est nature vivante, séduction, relation à l’objet précieux, sensuel, « Natures silencieuses », Vanités de notre présence au monde, poses colorées, effets de pirouettes. Objets de sa propre fascination, elle fascine son regardeur.

Stéphane Herbelin

Le dossier de presse : ICI

Horaires d’ouverture :
Du mardi au dimanche  de 11h à 20h.
Vernissage le mardi 21 mars à 17h.
Improvisation musicale samedi 25 mars à 18h.

Contact :
Danielle Cohen
Isis.danielle@wanadoo.fr
Tel: +33.(0)6.60.78.11.00.